Faune de l’île de Pâques

Fauna-Isla-Pascua-Caballos-Ahu-Tahai

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Faune terrestre

Dû à son isolement extrême, la faune de l’île de Pâques est rare et très pauvre du point de vue de sa diversité, ce qui la différencie du reste des îles polynésiennes. Parmi la faune terrestre, on distingue les espèces suivantes: mammifères, oiseaux de mer et reptiles.

Mammifères

Sur l’île, il n’y a pas de mammifère autochtone. Les plus abondants sont les rongeurs introduits involontairement par les navires qui arrivaient à l’île. Les espèces existantes sont le rat des acequias (Rattus norvegicus), réparties sur l’île; le rat des maisons (Rattus rattus); et la souris commune (Mus musculus), qui vit à proximité des logements.

Fauna de isla de Pascua Ratón polinésico o del Pacífico (Rattus exulans)

Souris polynésienne ou du Pacifique (Rattus exulans)

Autrefois, il existait la souris kio’e ou polynésienne ou du Pacifique (Rattus exulans), un rongeur apporté par les premiers colonisateurs polynésiens actuellement etteinte. Des études d’ADN sur les anciens os de cette espèce retrouvés sur l’île de Pâques ont révélé qu’il est apparenté aux souris de Mangareva et des îles Marquises, ce qui suggère leur provenance de l’un de ces deux endroits.

Parmi les animaux domestiques introduits par les missionnaires du XIXème siècle figurent les moutons, les chèvres et les vaches. Il convient de remarquer l’énorme population de chevaux (environ 6 000) déjà plus nombreux que le nombre de personnes se promenant librement sur l’île. Malgré la beauté de les observer en liberté (bien qu’ils aient tous un propriétaire), ils représentent souvent un danger pour les conducteurs, car ils traversent des routes à volonté et circulent de manière incontrôlable parmi les vestiges archéologiques.

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Reptiles

Les seuls reptiles terrestres existants sont deux petites espèces réparties relativement abondamment dans l’île. Ils sont probablement arrivés à Rapa Nui accidentellement, introduits dans le bois transporté par les courants marins ou par les canoës des premiers immigrants. L’un d’entre eux est le geko blanc (Lepidodactylus lugubris) connu localement sous le nom de moko uru-uru kau, reptils avec des habitudes nocturnes et très répandu au Panama, en Inde et plusieures îles du Pacifique tropical.

Fauna de Isla de Pascua Moko uru-uru kau

Moko uru-uru kau

Fauna de Isla de Pascua Moko uri uri

Moko uri uri

L’autre espèce est un petit lézard (Ablepharus boutoni poecilopleurus) appelé moko uri uri, de couleur plus foncée. Contrairement à l’ antérieure, il a des habitudes diurnes et sa présence s’étend de l’archipel hawaïen, Tahiti et Samoa, entre autres, à certaines îles péruviennes et équatoriennes.

Il faut dire que pour la tranquillité des habitants et des visiteurs l’île ne connaît pas l’existence de serpents.

Les oiseaux

Selon l’étude de certains spécialistes, Rapa Nui comptait plus de 30 espèces d’oiseaux terrestres et marins, devenant ainsi l’une des îles polynésiennes comptant avec le plus grand nombre d’oiseaux de la préhistoire. Cependant, beaucoup d’entre elles ont disparu, certaines sont éteintes et d’autres ne visitent plus l’île. Parmi les différentes espèces d’oiseaux qui existent ou vivent encore sur l’île, il faut distinguer celles dont l’ habitat est purement terrestre, la plupart introduites récemment, et celles avec des habitudes migratoires.

Fauna-Isla-Pascua-Gallo-Ahu-Tongariki

Spécimen de coq à Ahu Tongariki

Les informations enregistrées historiquement concernant les oiseaux terrestres ne correspondaient qu’aux oiseaux domestiques et presque exclusivement aux poules (Gallus gallus domesticus) ou au moa en langue rapanui, introduites par les premiers colons polynésiens et confinées dans des poulaillers en pierre appelés hare moa. Ils étaient, et sont toujours très appréciés pour leurs plumes, utilisées comme élément décoratif dans les vêtements traditionnels, ainsi que pour être un élément important de leur régime alimentaire. À un moment donné, les poules sont devenues sauvages en grand nombre. En fait, certains spécimens actuels pondent encore des œufs bleus, ce qui est considéré comme un trait original. Actuellement, les poulets ont toujours une forte présence sur l’île et s’ approchent près des maisons, des hôtels et des sites archéologiques.

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Cependant, des études archéologiques menées à Anakena ont établi l’existence d’au moins six types d’oiseaux terrestres correspondant à quatre familles et qui auraient habités l’île il y a plusieurs siècles.

Fauna de Isla de Pascua Chimando Caracara

Chimango Caracara

Fauna de Isla de Pascua Perdiz chilena

Perdrix chilienne

En revanche, entre 1888 et 1928, on estime que sept oiseaux terrestres du Chili continental ont été introduits, desquels cinq continuent de vivre sur l’île. Actuellement, vous pouvez voir le moineau, le diuca, le tinamou chilien et la perdrix chilienne. Les chimango caracaras sont également abondants, un oiseau de proie appartenant à la famille des faucons, qui a permi le control de la population de rongeurs, il s’est considérablement reproduit. Le pigeon (Columba livia), représente un cas particulier depuis son introduction dans les années soixante-dix.

En tant qu’île océanique, Rapa Nui devait être un lieu incontournable pour visiter les nombreuses espèces d’oiseaux marins habitant l’océan tropical et subtropical du Pacifique. Cependant, avec le temps, les oiseaux de mer nichant ici ont transformé l’île en un endroit de reproduction bien qu’ en diminution progressive, comme en en est le cas des îlots de Salas et Gómez. Récemment, une quinzaine d’espèces ont été répertoriées sur l’île et entourage, et actuellement 5 y nichent sur des îlots, motus et falaises de l’île.

Fauna de Isla de Pascua Fragata

Frégate

Fauna de Isla de Pascua Ave del tropico de cola roja

Oiseau tropique à queue rousse

On peut contempler la longue descente de la frégate commune ou Makohe (Fregata minor) dont le mâle est facile à distinguer par son plumage rouge éclatant; l’alcatraz, fous masqués ou Manukena (Sula dactylatra) qui donne son nom à l’une des stations de radio de l’île et qui, on disait, était à l’abri sur la plage d’Anakena (qui signifie grotte d’oiseaux kena); et le Tavake (Phaeton rubricauda) un oiseau tropique à queue rouge, que l’on trouve parfois en grands groupes autour du volcan Rano Raraku et qui émait un couinement caractéristique. Les deux autres espèces les plus difficiles à observer sont le pétrel héraldique ou kakapa (Pterodroma arminjoniana) en danger d’extinction et le pardela de Pâques ou kuma (Puffinus nativitatis).

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Il semble que l’extinction des oiseaux terrestres et la disparition de l’avifaune marine soient dues aux changements successifs qu’a subit le fragile écosystème insulaire tout au long de son histoire, causés par des facteurs naturels. En même temps, avec l’arrivée de l’homme, une grande partie de la végétation encore préservée a disparu ainsi que l’avifaune terrestre, et a commencé l’éradication et la disparition des oiseaux de mer. C’est un élément important des pratiques rituelles et des cérémonies développées dans l’Antiquité. Leur arrivée et leur reproduction sont étroitement liées aux divinités locales, notamment au dieu Make Make et à Haua, qui les ont fait venir du Motu Motiro Hiva (Salas et Gómez) selon la tradition.

Fauna de Isla de Pascua Manutara o gaviotín pascuense

Manutara ou sterne pascuense

Fauna de Isla de Pascua Manukena o Alcatraz enmascarado

Manukena ou Alcatraz masqué

La légende qui en témoigne mentionne les tentatives successives d’introduction menées par Make Make sur divers points de la côte sud de l’île. Il atteind le succès à Motu Nui, un lieu considéré comme tapu (ou tabou) pour les hommes, ancienne société de l’île. C’est à cet endroit que deux types de sternes (Sterna lunata) et (Sterna fuscata), localement connus comme Manutara ont fait leur nid et sur laquelle s’ est basé le culte et la cérémonie de Tangata Manu.

Faune marine

Especies de peces de Isla de Pascua

Quelques espèces représentatives de la faune marine de Rapanui

En raison de l´étroite plate-forme entourant l’île et de la température de l’eau à 22 ° C, le corail ne pousse pas en quantité suffisante pour former des récifs et des lagons protégés, comme ceux que l’on peut voir dans d’autres îles polynésiennes telles que Hawaii ou Fidji. A Rapa Nui, la mer se déchaîne avec fureur contre la côte.

Compte tenu de l’absence de rivières qui déversent leurs sédiments et au fait que la mer qui entoure l’île est pauvre en plancton, l’eau est si claire et si transparente que la visibilité moyenne est de trente à cinquante mètres, ce qui fait de l’île un paradis pour les amateurs de plongée.

La faune marine locale comprend plus de 150 espèces appartenant à 65 familles différentes. En raison de l’isolement de l’île de Pâques, environ 25% des poissons sont endémiques et ne sont trouvés nulle part ailleurs dans le monde. De nombreux poissons sont intéressants pour la pêche, tels que l’albacore et le thon rouge, la scie, la morue, la murène, la nanue, la matahuira, le toremo ou le mahi-mahi. Autrefois, les espèces les plus prestigieuses, telles que le thon ou le kahi, étaient réservées à la noblesse et leur capture était interdite pendant la plus grande partie de l’année.

Les autres espèces présentes sont le poisson hérisson et le poisson aiguille, parfois plusieurs espèces de requins apparaissent, mais pour la tranquillité des pêcheurs et des baigneurs, aucune attaque n’a jamais été rapportée.

De temps en temps, la tortue de mer ou honu, dans ses variétés de tortues vertes (Chelonia mydas japonica) et de tortues imbriquées (Eretmochelys imbricata bissa), apparaît comme un visiteur occasionnel des côtes insulaires. On peut les voir relativement facilement sur les côtes de Hanga Roa, sur les rives de plage Pea et au port de Hanga Piko. Sur la tête on trouve les traits qui différencient ces deux espèces. La tortue imbriquée a un grand nombre d’écailles sur le dessus de la tête et sa mâchoire supérieure est plus pointue que la tortue verte.

Fauna de Isla de Pascua Tortuga marina en Hanga Piko

Tortue de mer à Hanga Piko

Fauna de Isla de Pascua Rape rape, un tipo de langosta endémica de la isla

Rape rape, une classe de homard endémique de l’île

Les invertébrés marins, qui ont également un fort taux d’endémisme, sont représentés par les mollusques, les crustacés, les échinodermes, les actinias et les coraux. Parmi eux se distinguent par leur valeur un type de conque appelé Pure, avec lequel sont fabriqués des produits artisanaux typiques de l’île et trois espèces de homards très appréciées: l’ura (Panulirus pascuencis) et le rape rape (Panulirus perlatus y Scyllrides roggeveeni).

Récemment, l’organisation Oceana a réalisé une vidéo montrant une partie des espèces habitant les eaux autour de l’île de Pâques.

Selon les études de l’organisation, l’île a connu une diminution inquiétante de poisson au cours des dernières années, principalement à cause de la surexploitation de la pêche. Cette pénurie affecte à la fois le fonctionnement de l’écosystème marin de l’île ainsi qu’ au peuple Rapa Nui dont l’économie et la culture dépendent de ces ressources.

Oceana propose la création d’une réserve marine dans la baie de Hanga Roa, mais où la pêche soit réglementée. Si elle est acceptée par les insulaires, le bon état de conservation des coraux faciliterait vivement le rétablissement des espèces locales.

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